Bandelette sous urétrale chez l’homme

La maladie

L’incontinence urinaire d’effort est une des conséquences possibles de la chirurgie de la prostate.

Figure 1. Anatomie
Anatomie


A la suite d’une prostatectomie totale, l’anatomie de la région sous vésicale est profondément modifiée (figure 1), le sphincter strié, externe assurant seul le maintien de la continence.

Les fuites urinaires peuvent se produire quand ce sphincter externe n’est pas assez efficace du fait d’une élévation brutale de la pression dans la vessie, lors des efforts (toux, rire, activités sportives…).

L’incontinence d’effort peut aussi survenir après une chirurgie prostatique réalisée pour un adénome. La perte d’efficacité du sphincter externe, affaibli à la suite de la chirurgie ou en raison de l’âge, en est la principale cause.

Principe de l’intervention

La bandelette sous-urétrale trans-obturatrice a pour but de :

  • Rétablir la position initiale de la partie proximale de l’urètre, en la remontant vers le col de la vessie.
  • Procurer un soutien anatomique au col vésical lors des efforts.

La bandelette est posée par voie périnéale et ses bras sont passés dans les trous obturateurs des os du bassin. Elle est fixée à l’urètre pour permettre sa remontée lors de la mise en tension.

Existe-t-il d’autres options ?

Après échec de la rééducation périnéo-sphinctérienne, qui est un des moyens pour renforcer le plancher pelvien et réduire l’incontinence, une solution chirurgicale peut être envisagée pour des fuites urinaires persistant plus de 9 mois après la prostatectomie.

Le choix du traitement repose sur le contexte (état général, âge, maladies déjà connues), la situation clinique (caractéristiques des fuites), l’expérience du chirurgien et la motivation du patient. La bandelette sous urétrale transobturatrice est le plus souvent indiquée dans les cas d’incontinence dite légère à modérée, c’est-à-dire avec des fuites ne dépassant pas 500 grammes par jour.

Préparation à l’intervention

Avant l’intervention, votre situation peut être évaluée par différents examens :

  • Estimation de l’importance des pertes d’urines a l’effort.
  • Bilan urodynamique.
  • Urethrocystoscopie pour vérifier l’intégrité du canal urétral et de la vessie.
  • Questionnaire d’évaluation des symptômes et de la gêne occasionnée.
  • Examen cytobactériologique des urines (ECBU), l’intervention n’est réalisée qu’en présence d’urines stériles. Le résultat en est communiqué à votre médecin et à votre chirurgien.
  • Bilan préopératoire avec prises de sang (recherche de troubles de la coagulation sanguine en particulier).

La pose d’une bandelette sous-urétrale demande :

  • Une hospitalisation de quelques jours.
  • Une antibioprophylaxie systématique pour prévenir l’infection.
  • Une prévention de la thrombose veineuse par injection d’anticoagulants.

Technique opératoire

Après mise en place d’une sonde urinaire, le chirurgien réalise une incision périnéale, verticale, en arrière des bourses, de façon à placer la bandelette contre l’urètre.

Celle-ci est ensuite passée de chaque côté par le trou obturateur à l’aide d’aiguilles ressortant à la racine de la cuisse ; deux petites incisions supplémentaires sont ainsi réalisées pour faire sortir les aiguilles.(Figure2).

La sonde urinaire  est conservée au moins 24 heures.

Figure 2. Passage de la bandelette à travers les trous obturateurs
Passage de la bandelette à travers les trous obturateurs

Suites habituelles

La sonde urinaire, présente à votre réveil, est conservée au moins pendant 24 heures. Après le retrait de sonde, votre jet urinaire peut être un peu plus faible qu’auparavant.

Les précautions de rigueur après l’opération sont d’éviter les efforts importants (port de charges lourdes supérieures à 5kg, poussée abdominale importante, activités sportives) pendant un mois. Vis-à-vis de la cicatrice périnéale, les bains sont déconseillés (privilégier les douches).

Vous devez consulter votre urologue en cas :

  • de brûlures urinaires persistantes, d’urines troubles ou d’odeur « forte », de fièvre, de difficultés importantes pour uriner.
  • de douleurs ou rougeurs au niveau du site opératoire ou d’un écoulement à l’endroit de la cicatrice.

Les résultats obtenus avec la bandelette transobturatrice dans le traitement de l’incontinence urinaire d’effort après chirurgie prostatique sont stables dans le temps avec le recul disponible.

Une surveillance régulière, annuelle, est nécessaire. N’hésitez pas à consulter votre médecin une fois par an ou spécifiquement en cas d’anomalie.

Risques et complications

Cette intervention est pratiquée depuis 2007 dans le traitement de l’incontinence urinaire d’effort après chirurgie prostatique. Les résultats obtenus montrent un taux de réussite de 75% avec un recul supérieur à 3 ans. Dans 25% des cas, l’intervention ne permet pas d’améliorer les troubles de façon satisfaisante, mais elle ne compromet pas un autre traitement chirurgical.

Dans la majorité des cas, l’intervention qui vous est proposée se déroule sans complication. Cependant, tout acte chirurgical comporte un certain nombre de risques et complications décrits ci-dessous :

  • Les complications directement en relation avec l’intervention sont rares, mais possibles :Pendant l’intervention : la technique chirurgicale est stéréotypée. Il peut exister un risque théorique de blessure des organes pelviens ou de l’urètre, ainsi qu’un risque d’hémorragie ou d’hématome.Après l’intervention :La bandelette étant très bien tolérée et intégrée dans l’organisme, le risque de son infection est exceptionnel.Le jet urinaire peut être plus faible après l’intervention, du fait d’une compression de l’urètre par la bandelette.La rétention aigue d’urines peut se produire à l’ablation de la sonde vésicale. la sonde urinaire est conservée quelques jours supplémentaires.Des envies d’uriner plus fréquentes et plus urgentes peuvent être constatées. elles disparaissent habituellement en quelques jours ou semaines.

    Cette opération n’a habituellement pas d’incidence sur la sexualité.

    L’érosion de l’urètre par la bandelette est un risque possible, très rare.

Au cours de cette intervention, le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.